La facturation est obligatoire afin d’acter tout type de transaction. Elle est soumise à des mentions légales spécifiques et à des obligations d’écriture comptables dont le manquement expose à des sanctions pécuniaires et pénales graves. Quelles sont donc les règles et obligations à connaître en matière de facturation ?
Facturation : principes généraux
La facturation est un acte professionnel obligatoire qui consiste en l’édiction d’un document officiel qui comprend des mentions spécifiques et doit être dûment enregistré au titre de la comptabilité de la société (bilan comptable et colonne des actifs). Une facture a donc une valeur juridique importante et joue un rôle clé dans la comptabilité légale d’une structure :
– Elle matĂ©rialise les transactions financières.
– Elle fait office de justificatif comptable.
– Elle est utilisĂ©e comme support pour l’exercice des droits professionnels ou la TVA (opĂ©rations de collecte et/ou dĂ©duction).
Cette qualité de pièce comptable donne aux factures un statut spécifique. À ce titre, elles doivent être conservées pendant dix ans, que ce soit sous leur format papier ou électronique.
La facturation est ainsi obligatoire quelle que soit la transaction. Entre professionnels, elle est incontournable et donne lieu à l’édiction d’une facture en double exemplaire. Ce document doit être délivré au moment de la livraison des marchandises ou de la signature du contrat d’achat/vente des marchandises. Dans le milieu des prestataires de service, la facture est en revanche délivrée à l’exécution de la prestation.
La facturation des professionnels aux particuliers présente des particularités et prend majoritairement la forme d’un ticket de caisse. Attention, les professionnels assujettis à la TVA travaillent généralement sur des logiciels de caisse qui leur permet d’enregistrer les transactions hors la comptabilité les paiements. Ce logiciel doit impérativement obtenir une certification de conformité au risque de subir une amende de 7500 euros par logiciel non-conforme.
Dans le cas de la vente de marchandises aux particuliers, la facturation n’est obligatoire que :
– Ă€ la demande du client.
– En cas de vente Ă distance.
– Lors d’une livraison intracommunautaire exonĂ©rĂ©e de TVA.
Précisons que les particuliers qui fournissent une prestation de services sont eux aussi soumis à l’obligation de facturation. Ils doivent éditer une facture dès lorsque leur service a une valeur supérieure à 25 euros TTC à condition que le client en fasse la demande.
La facturation et les obligations d’ordre comptable
Les assujettis à la TVA sont soumis à la tenue d’une comptabilité ou d’un livre comptable permettant de justifier du détail des opérations réalisées. Cette tenue comptable leur permet d’attester des opérations imposables ou non-imposables et concernent la nature des opérations et le montant des recettes encaissées.
Les assujettis Ă la TVA qui ne tiennent pas une comptabilitĂ© permettant de dĂ©terminer leur chiffre d’affaires sont dans l’obligation de tenir un live spĂ©cial rĂ©pertoriant ces opĂ©rations. Tenu quotidiennement, sans blanc ni rature et sur pages numĂ©rotĂ©es, il n’est possible d’opter pour cette solution que dans la mesure oĂą le montant unitaire des opĂ©rations ne dĂ©passe pas 76 euros TTC (pour la vente au dĂ©tail comme le service aux particuliers).
La traduction et l’enregistrement des facturations dans une comptabilité dûment tenue sont des obligations incontournables. La comptabilisation s’effectue au jour de réception de la facture et l’enregistrement ne doit pas excéder le jour de paiement.
Dans les registres comptables, on enregistre une facturation en distinguant trois montants : le montant hors taxe, le montant TTC et le montant de la TVA.
Concrètement, dans le cas d’une facturation d’achat de marchandises, on débite le montant HT du compte de charge 607 « Achat de marchandises ». Puis le montant de la TVA est débité au compte 44566 « TVA déductible ». Quant au crédit éventuel, il est signalé en montant TTC au compte 401 « Fournisseur ».
Autre exemple de traitement comptable d’une facturation d’achat de matières premières :
– Au compte 601 « Achats stockĂ©s – matières premières et fournitures », on inscrit au dĂ©bit le montant HT.
– On dĂ©bute le montant de TVA au compte 44566 « TVA dĂ©ductible ».
– On crĂ©dite le montant TTC au compte fournisseur 401.
Il en va de même des prestations de services, qui sont soumises à une triple inscription :
– Au compte 604 « achats d’études et prestations de services » ou 605 (achats de matĂ©riels, Ă©quipements, travaux) ou 611 (sous-traitance gĂ©nĂ©rale) : dĂ©biter le montant HT.
– DĂ©biter le montant de la TVA au compte 44566 « TVA dĂ©ductible ».
– Compte 401 « Fournisseur » : crĂ©diter le montant TTC.
Facturation et mentions légales obligatoires
La validité d’une facture est soumise à certaines mentions obligatoires. Leur omission ou leur erreur entraîne des amendes conséquentes.
Une facture doit à ce titre impérativement mentionner :
– Le numĂ©ro de la facture. La numĂ©rotation est unique et basĂ©e sur une sĂ©quence chronologique ininterrompue.
– La date d’émission de la facture.
– Le nom, l’adresse, la raison sociale de l’entreprise et son numĂ©ro Siren.
– Le numĂ©ro individuel d’identification de TVA du prestataire ou de son reprĂ©sentant fiscal.
– Le nom du client, sauf opposition expresse et son adresse de facturation si elle est diffĂ©rente du lieu de rĂ©sidence.
– Dans le cas d’un bon de commande prĂ©cĂ©dent la facturation : le numĂ©ro du bon de commande.
– La date et le lieu d’exĂ©cution de la prestation, ou la dĂ©signation prĂ©cise des marchandises (ainsi que leur quantitĂ©), le prix unitaire des produits ou des services, le montant total HT et le taux de TVA applicable.
– Toute rĂ©duction acquise.
– La somme totale Ă payer, le dĂ©lai de paiement et le mode de règlement.
– Pour les autoentreprises et les microentreprises les mentions d’exonĂ©ration de TVA.
– Ă€ compter du 15 mai 2022 et pour les EI : le nom d’usage du dirigeant, la dĂ©nomination de l’activitĂ© professionnelle et la mention (ou le signe) EI.
Pour les artisans du bâtiment, qui sont soumis à une obligation d’assurance professionnelle décennale, la facturation doit faire mention des références du contrat d’assurance, du nom de l’assureur et de la couverture géographique du contrat.
Les membres d’un centre de gestion agrée ou d’une association agrée, qui reçoivent le paiement en leur qualité de membre, doivent en faire mention sur la facture.
Facturation professionnelle et obligations : les cas particuliers
Certaines activités professionnelles sont soumises à des obligations particulières en termes de facturation :
– Les hĂ´tels et pensions de famille.
– Les restaurants.
– Les garages.
– Les entreprises de dĂ©mĂ©nagement.
– Les syndicats de copropriĂ©tĂ©.
– Les cabinets d’experts-comptables, etc.
Il existe des formes particulières de facturation, dont la facture d’avoir. Il s’agit d’une somme qu’un fournisseur (ou un vendeur) doit à son client. Le document doit être édité en plusieurs exemplaires et comprendre les mentions : avoir, références initiales de la facture d’origine, le montant HT de la remise consentie, le montant de TVA correspondant.
Défaut des obligations de facturation : les sanctions
Le manquement aux mentions légales obligatoires en cas de facturation expose le professionnel à une amende de 15 euros par mention manquante ou inexacte. Pour les factures de complaisance, fictives ou faisant défaut, une personne physique encourt 75 000 euros d’amende administrative et 375 000 euros pour une personne morale.
En règle gĂ©nĂ©rale, le dĂ©faut de facturation est sanctionnĂ© par une amende Ă©gale Ă 50 % du montant de la transaction. Si l’opĂ©ration a Ă©tĂ© dĂ»ment comptabilisĂ©e, elle est rĂ©duite Ă 5 %.
La facture électronique : vers une obligation ?
Depuis le premier janvier 2020, les professionnels ont l’obligation expresse de délivrer leur facture sous format électronique pour les marchés publics. Cette obligation s’étend et le recours à la facturation numérique va grandement se généraliser.
En passe de devenir une obligation, la facturation Ă©lectronique s’accompagnera d’une obligation de transmission des donnĂ©es Ă l’administration fiscale dĂ©jĂ appelĂ©e le e-reporting.
L’e-invoicing (l’obligation de facturation électronique) s’étendra par phases progressives entre les assujettis à la TVA :
– Les grandes entreprises y seront soumises dès 2024.
– 2025 pour les structures intermĂ©diaires.
– 2026 pour les TPE/PME et micro-entreprises.
Ainsi, Ă terme, la rĂ©ception des factures sous forme Ă©lectronique sera obligatoire pour tous d’ici 2024, Ă l’exclusion des transactions internationales, des transactions en BtoC et d’opĂ©rations sectorielles (domaine de la santĂ©, de la formation, des transactions immobilières, etc.).
L’ENGDE intègre déjà l’e-invoicing et ses obligations comptables au titre de ses formations de haut niveau académique et technique en gestion, fiscalité et comptabilité.
Afin de s’assurer de ne pas faire d’erreur dans le respect des obligations de facturation, les directions des entreprises optent pour confier leur comptabilité aux experts du secteur.
